Tu m'as bien fait sourire avec ton histoire de bon sens, ça me rappelle un peu mes journées sur la ligne 42 quand je vois certains monter dans le bus en cherchant leur passe Navigo au fond d'un sac de voyage grand comme un frigo. On a beau leur dire dix fois par jour de préparer leur titre avant de franchir les portes, y en a toujours un pour s'étonner que le chauffeur lui refuse le passage parce que le pass est périmé depuis trois mois. C'est exactement la même illustration avec ces histoires de caution pour un local professionnel. À force de vouloir rendre service en mode freestyle sous prétexte qu'on connaît le gars depuis le collège, on oublie que les lois, elles, n'ont aucune mémoire affective.
D'ailleurs, en parlant de chiffres et de réalité brute, les statistiques qu'on oublie trop vite montrent que près de 50 pour cent des jeunes structures jettent l'éponge avant d'atteindre le cap fatidique des cinq ans d'exercice. Ça fait quand même un sacré paquet de monde sur le carreau, et statistiquement, si tu te portes garant, tu joues littéralement à pile ou face avec ton propre patrimoine. Dans mon métier, quand je fais ma tournée de nuit ou que je gère un terminus un peu tendu, je peux te dire que je laisse le moins de place possible au hasard. Je vérifie mes voyants, je contrôle mes freins, et je ne pars jamais en me disant que 'ça va le faire tout seul' juste parce que la météo est clémente.
C'est pareil pour le business de la boulangerie ou de la petite boutique de quartier dont parlait l'infirmière un peu plus haut. Quand le propriétaire débarque sans prévenir pour réclamer son dû dès les premiers retards, il ne vient pas discuter de la météo ou de votre belle amitié d'enfance. Il applique bêtement et simplement ce que vous avez accepté de signer en bas de la page. Alors oui, certains vont encore dire qu'on noircit le tableau et qu'il suffit d'avoir du flair, mais le flair, ça ne paie pas les impayés d'un loyer commercial indexé sur des baux déplafonnés. Bref, tout ça pour dire qu'avant de vouloir jouer les grands philanthropes avec sa signature, mieux vaut s'asseoir autour d'une table, éplucher les bilans comptables avec un vrai professionnel, et arrêter de confondre un acte notarié ou un engagement de caution avec une simple signature sur un carnet de correspondance.