C'est fou cette tournure que prend le marché avec tous ces ateliers de customisation et ces histoires de parrainage en ligne. Ça me rappelle un tournage de court-métrage où on galerait à trouver des décors authentiques, on a fini par tout fabriquer nous-mêmes avec trois bouts de ficelle et une bonne dose d'huile de coude, et bizarrement le rendu final était bien plus vivant que prévu. Bref, tout ça pour dire que l'aspect visuel et la mise en scène, ça fait tout dans un business. Quand je vois des petits e-commerces qui galèrent avec la cote des paires qui s'écroule, je me dis qu'ils devraient plutôt penser à raconter une vraie histoire à leur communauté, un peu comme un réalisateur qui plante son décor. D'ailleurs, l'autre jour en me baladant à cheval dans la campagne, je pensais à la façon dont les gens consomment l'art et les objets de collection. On dirait que le public en a marre du virtuel pur et dur, il lui faut du concret, du tactile, de l'humain. Les chiffres parlent d'eux-mêmes quand on regarde le taux de fidélisation sur les expériences créatives par rapport à la simple revente spéculative. Forcément, si tu vends juste une boîte fermée avec une basket dedans, le jour où la cote baisse, le client disparaît. Alors que si tu lui donnes les pinceaux, les kits d'entretien éco-responsables et une plateforme pour qu'il expose sa création comme une œuvre d'art, tu changes complètement la dynamique. C'est exactement le même principe que le cinéma indépendant : tu n'as pas les millions des grosses productions pour faire du placement de produit bourrin, alors tu te focalises sur la sincérité, sur l'émotion et sur l'immersion totale du spectateur. Bon après, je dis ça, je ne vends pas de chaussures, mais en tant que créatif, je vois bien que l'authenticité reste la meilleure arme contre les crises de marché. Les algorithmes de pricing ont beau s'affoler, ils ne remplaceront jamais le coup de cœur visuel et le sentiment d'appartenir à une vraie tribu artistique.