Traiter un prestataire avec des méthodes de dictateur ou vouloir absolument tout régenter par la menace ne résout généralement pas grand-chose sur le long terme, mais d'un autre côté, laisser filer les délais sans aucune balise contractuelle solide, c'est tendre le bâton pour se faire battre. En tant qu'huissier de justice, j'en vois tous les jours des dossiers qui finissent par pourrir sur un bureau parce que les parties ont signé des trucs flous en se disant que la confiance mutuelle suffisait, alors qu'un bon vieux constat de situation ou une mise en demeure bien rédigée remet tout le monde d'accord en deux minutes. Entre la souplesse excessive qui frôle l'angélisme et la judiciarisation à outrance qui braque tout le monde, il y a un juste milieu à trouver. Les garanties légales et les solutions amiables marchent quand même beaucoup mieux quand les règles du jeu ont été fixées précisément dès le départ. Si on regarde les chiffres et les retours d'expérience dans ce genre de litige, la solution amiable fonctionne dans environ soixante-dix pour cent des cas si elle est amorcée avant que le conflit ne devienne trop personnel. Les poursuites judiciaires pures et durables, elles, s'étirent souvent sur des mois, voire des années, pour un résultat parfois aléatoire qui coûte une blinde en frais d'expert en bâtiment ou en honoraires divers. Du coup, poser des pénalités claires dans un avenant, c'est certes un peu brutal, mais ça évite précisément d'en arriver au stade où il faut envoyer un huissier constater les dégâts à trois heures du matin sur un chantier abandonné. Mieux vaut un contrat bien carré qui pique un peu qu'une conciliation de dernière minute qui traîne en longueur pendant que le budget fond comme neige au soleil.